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Rien n'est dû, tout est don

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17 novembre 2013

Charlotte rose aux litchis

(création personnelle librement inspirée d’une recette de charlotte aux fraises du site web Odelices.com)

 

 Pour 4 grosses parts

 

 

Ingrédients :

 

  • 1 paquet de biscuits roses de Reims
  • 1 boîte de litchis au sirop
  • 4 pots de Gervita
  • 1 cuillerée à soupe de crème fraîche
  • 50 g de sucre en poudre
  • 1 cuillerée à soupe d’arôme alimentaire de fleur d’oranger

 

 

Préparation :

 

  • Mélanger la crème, les Gervita et le sucre.
  • Tapisser le fond et les bords d’un moule à charlotte d’environ 15 cm de diamètre de biscuits rapidement imbibés du sirop des litchis additionné de fleur d’oranger, en les tassant bien les uns contre les autres.
  • Recouvrir ces biscuits avec la moitié du mélange précédent.
  • Ajouter une couche composée de la moitié de la boîte de litchis coupés en quatre.
  • Renouveler les couches successives en tassant bien : biscuits imbibés, reste du mélange, litchis (en conserver quelques uns pour le décor final).
  • Terminer par une couche de biscuits.
  • Fermer avec le couvercle du moule à charlotte. S’il n’en a pas, recouvrir d’un film de plastique étirable, poser sur le dessus une petite assiette et appuyer afin que la charlotte soit bien compacte.
  • Laisser reposer plusieurs heures au réfrigérateur.
  • Démouler puis décorer des quelques litchis restants.

 

 

 

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4 octobre 2013

LA FAMILLE

     « Ce n’est pas seulement l’Église qui est appelée à être image du Dieu unique en trois personnes, mais aussi la famille, fondée sur le mariage entre l’homme et la femme. Dieu a créé l’être humain mâle et femelle, avec une même dignité, mais aussi avec des caractéristiques propres et complémentaires, pour que les deux soient un don l’un pour l’autre, se mettent en valeur réciproquement et réalisent une communauté d’amour et de vie. L’amour est ce qui fait de la personne humaine l’image authentique de la Trinité, image de Dieu.
     Chers époux, en vivant le mariage, vous ne vous donnez pas quelque chose ou quelque activité, mais la vie entière. Et votre amour est fécond avant tout pour vous-mêmes, parce que vous désirez et vous réalisez le bien l’un de l’autre, expérimentant la joie de recevoir et de donner. Il est aussi fécond dans la procréation, généreuse et responsable, des enfants, dans l’attention prévenante pour eux et dans leur éducation attentive et sage. Il est fécond enfin pour la société, car votre vécu familial est
la première et irremplaçable école des vertus sociales telles que le respect des personnes, la gratuité, la confiance, la responsabilité, la solidarité, la coopération. »


Benoît XVI
Rencontre mondiale des familles,
3 juin 2012

18 août 2013

Deux petits pas sur le sable mouill

Anne-Dauphine Julliand et son mari Loïc : « Nous avons ressenti toute la compassion de Dieu »

     Dans un ouvrage bouleversant paru il y a plusieurs mois, Anne-Dauphine Julliand raconte le quotidien de ses deux filles, touchées à la naissance par une maladie dégénérative. Pour « La Croix », son mari, Loïc, se joint à elle pour dire combien cette épreuve leur a révélé le vrai sens du bonheur 

Anne Dauphine Julliand et son mari Loïc.

Anne-Dauphine Julliand et son mari Loïc

 

  La Croix   :  Deux de vos quatre enfants ont été touchés par une grave maladie génétique. L’une en est morte. Comment votre couple a-t-il résisté à ce cataclysme ? Où trouvez-vous la force de continuer à vous battre ? 

 Anne-Dauphine : Quand nous nous sommes connus, Loïc et moi, je me demandais souvent comment notre couple réagirait si nous devions traverser une épreuve. L’épreuve est là. Et je n’en reviens pas de voir que nous la surmontons ensemble. Nous avons pris conscience de nos différences, mais nous avons appris à faire plus attention à l’autre. Aujourd’hui, notre couple est plus fort que jamais.

 Loïc : Ce qui m’a le plus marqué, c’est de découvrir à quel point on pouvait réagir d’une même voix. Il y a quelque chose de rassurant de se savoir unis face aux décisions concernant l’avenir de nos enfants.

 Qu’est-ce qui vous aide à tenir debout ? 

 Anne-Dauphine : Ni Loïc ni moi n’avons jamais culpabilisé, on n’a jamais tenu l’autre pour responsable de la maladie des filles. Quand le médecin vous explique qu’avec n’importe quel autre partenaire, les chances de transmettre la maladie étaient quasi nulles, c’est dur à entendre. Mais ce diagnostic n’a rien changé à notre amour. Nous avons choisi de nous en sortir ensemble.

 Loïc : Ce qui nous a fait tenir, c’est la confiance totale que nous avions l’un pour l’autre. On s’est toujours tout dit. Même ce qui fait mal.

 Anne-Dauphine : Chacun de notre côté, nous constations par moments que l’état de Thaïs s’était détérioré de manière flagrante. Au début, on n’osait rien se dire. Mettre des mots, cela veut dire qu’il n’y a pas de retour possible. Le jour où elle n’a plus réussi à se nourrir seule, par exemple, il a fallu que l’un de nous le dise tout haut pour qu’on regarde la réalité en face. On constate ensemble, on pleure ensemble. Mais on avance.

 Vous avez fait le choix de toujours rester en famille, y compris lors des traitements intensifs de Thaïs à Marseille, qui ont duré trois mois… 

 Loïc : C’est l’instinct qui nous a poussés à ne pas nous séparer. On n’y a même pas réfléchi.

 Anne-Dauphine : Étonnamment, cette période est sans doute celle où notre couple a été le plus soudé. On se relayait à l’hôpital, mais les rares moments passés ensemble, comme une escapade improvisée dans les calanques, nous suffisaient pour être heureux. Nous étions à l’unisson.

 Très vite, une grande chaîne de solidarité s’est déployée autour de vous. Parents, proches, amis se sont relayés au chevet de votre fille Thaïs. Ouvre-t-on facilement les portes de son intimité ? 

 Loïc : Au début, non. Mais on s’y fait. Je me souviens du sentiment très inhabituel de ces journées « portes ouvertes » non-stop à la maison. Les gens venaient, repartaient, sans que nous soyons forcément au courant. Ça tournait sans cesse. Comme une immense chaîne de bienveillance.

 Anne-Dauphine : Nos relations en ont été transformées. Ceux qui étaient de simples copains sont devenus indispensables à notre vie. Quand on a su que Thaïs était malade, ils nous ont proposé spontanément de l’aide. Très vite, parce que j’étais de nouveau enceinte, on a compris qu’on ne s’en sortirait jamais seuls. Ce n’est pas facile de dire : « J’ai besoin de vous, aidez-moi. » Humainement, ça vous apprend ce qu’est la confiance, le lâcher prise.

Loïc Julliand

Loïc Julliand

 

 Thaïs a concentré l’essentiel de votre énergie pendant ces longs mois. Comment avez-vous maintenu l’équilibre de la fratrie ? 

 Loïc : La fratrie, au début, c’était juste Gaspard, puisque Azylis n’était pas encore née, pas plus qu’Arthur. Dès le départ, nous avons fait le choix de tout lui dire, avec des mots d’enfant. Le pire, c’est d’édulcorer la vérité. Dès l’annonce de la maladie, notre fils a compris que l’heure était grave. Si nous avions tu la réalité, cela aurait sans doute abîmé sa confiance. Du haut de ses 4 ans, Gaspard nous a aidés à tracer notre chemin.

 Anne-Dauphine : Non seulement Gaspard nous a aidés par ses paroles mais, surtout, il nous a permis de retrouver notre âme d’enfants. C’est lui qui nous a appris à vivre chaque jour l’un après l’autre. Quand on pleure on pleure, quand on rit on rit. Il y a la vie. Et dans cette vie, il y a la maladie. Mais la maladie ne va pas définir toute notre vie, ni toute notre famille.

 Comment parler à des enfants de sujets aussi sensibles que la mort ou l’espérance ? 

 Anne-Dauphine : Très naturellement. Quand Gaspard nous lance : « La mort, c’est triste, mais ce n’est pas grave », voilà le cri d’un enfant qui dit : « La seule chose que je sais dans la vie, c’est que je vais mourir, mais cela ne me fait pas peur. » Je crois que c’est plutôt notre vision, à nous, adultes, qui transforme la façon dont un enfant va appréhender la mort. Eux l’envisagent avec un grand naturel.

 Loïc : Très vite, on a compris que la vie de Thaïs serait très courte. Mais si on prend du recul, 3 ans ou 80 ans, à l’échelle de l’éternité, c’est la même chose. Cette idée nous a réconfortés. Quand on a annoncé à Gaspard que les jours de sa sœur étaient comptés, on a simplement expliqué que la mort, c’est quand le corps ne bouge plus, mais qu’on continue à vivre autrement. Et qu’on se retrouvera tous au ciel. Ce n’est pas la fin de tout. Et cela, un enfant le comprend très bien.

 Anne-Dauphine : L’espérance, elle était palpable dans notre façon de vivre, d’accepter la vie de Thaïs, et de consentir à cette vie-là. Et Gaspard l’a bien senti.

 Après la naissance de votre seconde fille, atteinte elle aussi de cette maladie, vous avez provoqué le destin… 

 Anne-Dauphine : Je sais que cela paraît fou ! Mais après la mort de Thaïs, j’avais envie d’avoir d’autres enfants. Au début, cela m’effrayait. Loïc m’a aidé à changer d’optique : au lieu de me focaliser sur notre peur, nous nous sommes simplement demandés si nous étions capables d’aimer un autre enfant, de le rendre heureux. La réponse était oui. Et cette décision fut l’une des plus sereines que nous ayons prises.

 Loïc : Le risque, nous le connaissions. Une chance sur quatre, selon les médecins. Nous étions prêts à l’assumer. Nous sentions que nous avions assez de place dans le cœur pour accueillir un autre enfant. Même malade…

 Avant cette épreuve, vous aviez tout du couple parfait : jeunes, beaux, deux enfants, deux carrières florissantes… et d’un seul coup, tout s’écroule. Comment se relever ? 

 Anne-Dauphine : Sur le papier, on avait coché toutes les cases. Mais on ne peut pas toujours être dans la performance. Le fait que tous nos projets et tout notre confort volent en éclats nous a fait réfléchir. Qu’est-ce qui est vraiment important pour nous ? D’un coup, la vie de Thaïs est devenue l’inverse de toutes les attentes que peuvent avoir des parents. Notre enfant était-elle pour autant hors compétition ? Au contraire, Thaïs nous a appris à nous recentrer sur l’essentiel, et aujourd’hui nous pouvons dire qu’elle a eu une belle vie.

 Loïc : Cette expérience nous a appris à nous détacher des codes modernes du bonheur, souvent artificiels, et même parfois déshumanisants. Tant mieux si on gagne bien sa vie. Mais ce n’est pas cela qui vous rend heureux.

 Avez-vous dû faire le deuil de projets ou de rêves qui vous tenaient à cœur ? 

 Anne-Dauphine : De deuil, non. Je parlerais plutôt d’un sacrifice que l’on a pu faire, sans amertume. On a sacrifié des projets pour quelque chose de plus grand encore. Quelle meilleure raison de renoncer à son ambition que son enfant ? Aujourd’hui, nous sommes vraiment heureux. D’un bonheur qui ne volera pas en éclats à la première anicroche.

 Loïc : Entre le début de la maladie de Thaïs et l’approche de sa mort, je m’étais arrangé pour être sur une mission tranquille, ce qui me permettait d’être plus présent. Mais au bout d’un moment, j’ai compris que je ne devais pas m’arrêter de vivre. Il y a eu comme un déclic. J’ai recommencé à faire des projets. Deux mois après sa mort, j’ai quitté mon emploi de consultant pour me consacrer à une autre de mes passions : la menuiserie !

 Anne-Dauphine : On a appris à oser. Il n’y a plus d’ombre dans nos choix. Et cela, c’est à Thaïs que nous le devons. Pour autant, on n’est pas non plus devenus des ascètes, tournés en permanence vers l’essentiel… Moi, je suis ultra-coquette : je mets deux heures à choisir mes vêtements le matin, je change de vernis à ongles tous les jours… Je sais que c’est futile. Je ne le néglige pas, car j’y trouve du plaisir, mais je n’y attache pas trop d’importance non plus.

Anne-Dauphine Julliand

 

Anne-Dauphine Julliand

 Votre foi chrétienne est particulièrement discrète dans votre livre. Est-ce un choix conscient ? 

 Anne-Dauphine : Ce n’était pas prémédité. Mais je pense que c’est bien ainsi. Évidemment, nous avons cette foi qui nous tient, qui est le moteur de notre vie. Mais on ne veut pas l’imposer aux gens. Chacun trace son propre chemin, y compris dans l’épreuve. Un jour, une maman de malade m’a dit : « Pour toi, c’est facile, tu crois en Dieu… » Je ne sais pas si c’est plus facile.

 Loïc : Pour certains, les mots « Dieu », « religion » sont des sources de colère, de blocage… Surtout chez ceux qui traversent une situation de souffrance. Je crois qu’Anne-Dauphine a eu ce souhait, en écrivant, de toucher le plus grand nombre. On peut parler de Dieu sans prononcer son nom.

 Anne-Dauphine : Grâce à l’association qui nous a accompagnés (1), j’ai rencontré des parents non croyants qui traversaient l’épreuve avec une grande force. Et quand on en parle, je leur dis que ce n’est pas parce que j’ai la foi que Dieu va s’occuper plus de moi que d’eux. Il est là pour tous.

 Qui est ce « Père François », que vous remerciez à la fin de l’ouvrage ? 

 Loïc : C’est un ami très proche. On le connaît depuis longtemps. Il nous a mariés, il a baptisé nos enfants. Sans être là tous les jours, il a joué un rôle important. On savait qu’on pouvait compter sur sa prière et son affection sans faille.

 Anne-Dauphine : Il a accompagné la vie sacramentelle de Thaïs. C’était essentiel, de savoir qu’elle continuait à grandir dans sa foi. Il lui a fait faire sa première communion, à l’âge de 2 ans. Elle avait accompli un tel chemin… Ce qui nous a fait beaucoup de bien, aussi, c’est de le sentir triste avec nous. De voir ce prêtre, avec toute sa foi, qui pleurait comme un enfant devant le corps de Thaïs, cela nous a montré l’humanité de Dieu.

 Qu’est-ce qui a changé dans votre relation à Dieu ? 

 Anne-Dauphine : Pour moi, Dieu ne nous a pas imposé un malheur. Le malheur était là, et lui nous a proposé de l’accompagner, d’être avec nous pour le vivre. J’ai le sentiment d’avoir une relation plus complice avec Dieu.

 Loïc : Nous avons ressenti, tout au long de cette épreuve, de façon très forte, la compassion de Dieu. De le sentir souffrir avec nous. C’est assez bouleversant, comme expérience spirituelle. Et du coup, les questions de révolte, d’incompréhension ne se sont pas posées. Je n’ai pas découvert un Dieu qui est là, au-dessus, dans son fauteuil club, en train de balancer des trucs à droite et à gauche. Au contraire, il est là, juste à côté de nous. La prière de nos proches, aussi, a joué un rôle essentiel. Avant, je priais sans trop savoir si cela servait vraiment. Et là, j’ai ressenti, de façon presque palpable, la force de la prière des autres autour de nous. Une expérience presque physique de la puissance de la prière.

(1) Association européenne contre les leucodystrophies (ELA), qui réunit malades et familles.

2 rue Mi-les-Vignes, B.P. 61024, 54521 Laxou Cedex. 

Rens. : 03.83.30.93.34 et http://www.ela-asso.com

Fax : 03.83.30.00.68.

 

Interview du 9 septembre 201

recueillie par Isabelle de Gaulmyn et François-Xavier Maigre,

Site web de La Croix

28 avril 2013

Comment vivre son mariage dans la durée ?

Nous voudrions rester amoureux toute la vie, comme aux premiers jours, quels que soient les aléas de la vie.
 
Ceux qui y parviennent n’ont pas de secret ou de formule magique. Ils en ont le désir. Ils s’en donnent simplement les moyens.
 
Simplement… Ce n’est pas toujours si facile, mais l’amour devient ce qu’on en fait. Il se construit et s’entretient chaque jour, en étant attentif au dialogue dans son couple, au bonheur de son conjoint aimé, aux projets partagés, au pardon aussi.

L’aventure en vaut la peine, nombreux sont les couples qui peuvent en témoigner.

 

Le jour de son mariage le nouveau couple tient dans ses mains un trésor inestimable : l'amour, le bonheur d'être deux dans la vie, et ce que cela implique : protection, tendresse, partage, projets, etc.

Il arrive cependant qu'au bout de quelques années, la vie en commun, les soucis de santé ou d'argent, la routine, le train-train quotidien, les malentendus, amènent un éloignement progressif, voire des disputes ou des conflits qui font mal. Un jour on se pose la question : « Est-ce que je suis encore vraiment amoureux (se) ? ». Mais la famille est là, les enfants grandissent ; ils ont besoin de leurs parents. Alors que faire ? 
Trois solutions :
  • On se sépare.
  • On continue à vivre ensemble, mais avec indifférence, amertume, déceptions, lassitude, petites phrases venimeuses ou désabusées, etc.
  • On décide de vivre son mariage dans la durée.
 
L'amour devient ce qu'on en fait
Comme la croissance d'une plante dépend en grande partie des soins qu’on lui prodigue, l'amour d'un couple dépend aussi des soins qu'on lui prodigue.
Si on reste passif devant l'amour et qu'on le laisse s'user par les soucis de la vie quotidienne, il s'émousse obligatoirement. Un couple qui reste marié pendant de longues années traverse inévitablement des périodes de « turbulences », parfois très lourdes.
L'amour ne peut grandir que si l'on est décidé à donner à l'autre le meilleur de soi-même, dans toutes les circonstances. Pour qu'un couple vive bien il a besoin d'être dynamique, renouvelé, joyeux, jamais résigné à la désunion.
 
Quatre attitudes essentielles pour la durée d'un couple :
 
Prendre le temps de réfléchir ensemble et de se parler en amoureux
Chaque nouvelle situation implique une nouvelle réponse du couple, réponse qui ne peut se définir que dans la concertation. Prendre le temps de se parler, de réfléchir ensemble, de ne pas imposer son point de vue, d'être attentif aux attentes de l'autre et à ses réactions, est un des premiers atouts pour la durée d'un couple.

 

Savoir se pardonner mutuellement
Inévitablement, dans la vie en commun, il y a des jours où l'on se heurte. La rancune est la mort de l'amour. Faire la tête est un tue-l'amour. Un couple ne devrait jamais se coucher sans s'être demandé pardon, réconcilié, apaisé. Vouloir toujours avoir le « dernier mot », avoir raison jusqu'au bout, est une catastrophe pour le couple.

Une phrase nocive : « S'il (ou si elle) vient me demander pardon je pardonnerai. » La plupart du temps, dans une dispute, il n'y a pas un innocent et un coupable. Les deux ont leurs torts.

Ne pas s'ennuyer ensemble

Il est important de faire des projets ensemble, d'avoir des moments attrayants en perspective, d'avoir beaucoup d'ouvertures sur toutes sortes de sujets et sur les autres, de faire du sport ensemble, d'aller au cinéma ensemble, de voir d 'autres personnes, de ne pas toujours tourner dans son petit cercle routinier, etc. Les distractions en commun sont source de joie partagée.

Si la vie n'est faite que du quotidien, de la cuisine, des courses, du travail de chaque jour et des soucis, elle est rapidement source de lourdeur et de monotonie. Un couple qui s'ennuie est un couple qui va tout droit à la catastrophe.

Chercher le bonheur de l'autre
Certains diront peut-être, même inconsciemment : « Chercher le bonheur de l'autre ? C'est un dévouement dont je n'ai nulle envie ! C'est mon bonheur que je veux. J'ai ma conception de la vie ; j'ai mes habitudes, ma façon de me comporter. A l'autre de s'y habituer. C'est la base de l'amour quand on veut vivre ensemble ».
En réalité chercher toujours son propre bonheur est une cause d'échec certain. Si tous les deux cherchent le bonheur de l'autre, le bonheur du couple est assuré car cela implique écoute, attention, générosité, ouverture d'esprit et tout cela est gage de bonheur.
Le couple n'est pas l'addition de deux célibataires qui vivent ensemble tout en continuant à vivre chacun en célibataire. Dès que la vie en commun commence, le « je » de chacun devient un « nous », ce qui implique une nouvelle façon de vivre en fonction de l'autre.

Bernadette Chovelon

Auteur, avec son mari Bernard, du livre L'aventure du mariage chrétien (Cerf)

 

extrait du site web des Equipes Notre-Dame

10 avril 2013

Le don mutuel des époux dans le mariage catholique

Vivent les anniversaires de mariage !

  • Famille Chrétienne
  • 20/04/2002
  • Numéro 1266
  • Par Christine Ponsard †

Les anniversaires de mariage sont une occasion de rendre grâce et de se redire le « oui » prononcé il y a un an... ou un demi-siècle.

Le « oui » du mariage est comme un permis de construire : le jour des noces est le commencement d'une histoire d'amour où tout est à bâtir. On se marie parce qu'on s'aime, certes, mais surtout pour s'aimer. D'ailleurs, lorsqu'ils échangent leurs consentements, les époux ne se disent pas : « Je t'aime », mais : « Je veux être ton époux et je te reçois pour t'aimer fidèlement tout au long de notre vie ».

Plutôt qu'une déclaration d'amour, le mariage est une décision de la volonté. Et même si cet engagement est pris une fois pour toutes, il est bon de pouvoir le renouveler de temps en temps, notamment lors des anniversaires de mariage (de manière informelle ou plus solennelle, par exemple devant le Saint-Sacrement).

L'amour ne grandit pas tout seul, sans aucun effort de la part des époux. Le jour de leur mariage, leur amour est comme une jeune pousse, pleine de promesses, mais aussi de fragilités. Mis à l'épreuve de l'intimité, il subit l'usure du quotidien, le poids des soucis, la séduction des tentations.

Si les conjoints ne font rien pour lui permettre de grandir, il va dépérir, tôt ou tard, jusqu'au jour où ils en viendront à se séparer, devant ce constat désabusé et amer : « Nous ne nous aimons plus ». Mais s'ils apprennent à se pardonner, à communiquer en profondeur, à se recevoir l'un de l'autre, s'ils s'appuient sur la miséricorde de Dieu et savent puiser à la source intarissable des sacrements, leur amour – à travers toutes leurs pauvretés – s'approfondira au fil des années.

Chaque anniversaire de mariage est l'occasion de faire le point, de prendre le temps de se poser ensemble, sous le regard de Celui qui s'est engagé avec nous le jour de notre mariage. La vie est tellement encombrée, occupée, dispersée, elle file si vite que nous risquons toujours de nous laisser manger par des détails, en oubliant l'essentiel. Et, pour des époux, cet essentiel passe par la vitalité de leur amour conjugal.

A chaque couple de trouver sa manière de regarder ensemble les mois écoulés. Certains commencent par prier, d'autres n'y parviennent pas ; les uns choisissent d'aller au restaurant, dans une abbaye ou un lieu tranquille, les autres préfèrent rester dans leur cadre familier. L'essentiel est de se ménager un moment paisible, en amoureux, sans les enfants (et sans téléphone !)

Lorsque diverses contingences matérielles empêchent que cela se réalise le jour J, ce n'est pas une raison pour ne rien faire. Mieux vaut un anniversaire de mariage fêté avec un mois de retard qu'une année sans anniversaire !

Faire le point, c'est d'abord rendre grâce. Même les années les plus sombres sont éclaboussées de lumière. Chaque époux porte dans son cœur au moins un « merci », et probablement beaucoup plus d'un, à donner à l'autre ; nous sommes si prompts à nous lancer des reproches et nous oublions si facilement de nous témoigner de la reconnaissance !

Et, ensemble, nous avons sûrement de vraies raisons de remercier Dieu, remerciements mêlés de larmes, peut-être, voire de cris de révolte ou d'appels au secours, mais remerciements quand même parce qu'au milieu des tempêtes comme aux jours de bonheur, Il était là. « Dieu est pour nous refuge et force, secours dans la détresse, toujours offert. » (1) « Oui, le Seigneur est bon, éternel est son amour, sa fidélité demeure d'âge en âge. » (2)

Tout cela se fête ! Les moments de fête ne sont pas un luxe, mais un élément essentiel de la vie conjugale. « Plus le quotidien est dur, fastidieux, plus les cœurs ont besoin de ces moments de célébration et d'émerveillement. » (3) On peut dîner aux chandelles ou s'offrir une inoubliable balade en montagne, relire les lettres échangées pendant les fiançailles ou danser jusqu'au bout de la nuit, qu'importe ! Chaque couple invente ses rites, ses traditions, comme autant de secrets intimes qui cimentent l'amour.

Au milieu de leur joie, les époux heureux ne peuvent oublier tous ceux pour qui la date de l'anniversaire de mariage vient raviver la souffrance d'un veuvage ou d'une séparation. « Toute fête, si elle est comme un grand alléluia et un chant d'action de grâce, doit toujours s'achever par un silence dans lequel on porte à Dieu tous ceux qui ne fêtent pas. »(4)

Christine Ponsard † Partager

(1) Psaume 45, 2.

 

(2) Psaume 99, 5.

 

(3) La communauté, lieu du pardon et de la fête, par Jean Vanier, Fleurus/Bellarmin, 1989, p. 313.

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18 mars 2013

Offrir une famille, un nom et une histoire à un enfant

     "La famille en questions" est une rubrique du site Internet du Conseil général des Hauts-de-Seine

hauts-de-seine_conseil_general

 

 

 

 

où l'on trouve, entre autres, de petites vidéos de conseils émanant de spécialistes de l'adoption comme les docteurs Christian Flavigny et Fanny Cohen-Herlem, ainsi que des enregistremens de témoignages de parents adoptants : http://www.hauts-de-seine.net/solidarites/questions-de-famille/ladoption-en-questions/

16 janvier 2013

Résilience et parole

     Boris Cyrulnik définit la notion de résilience dans son livre, Les vilains petits canards : « On s’est toujours émerveillé devant ses enfants qui ont su sortir des preuves immenses et se faire une vie doit malgré tout. Le malheur n'est jamais pur, pas plus que le bonheur. Un mot permet d'organiser une autre manière de comprendre le mystère de ceux qui s'en sont sortis. C'est celui de résilience, qui désigne la capacité à réussir, à vivre, à se développer en dépit de l'adversité. En comprenant cela, nous changerons notre regard sur le malheur et malgré la souffrance, nous chercherons la merveille. »

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     Avec le langage comme avec le dessin ou la comédie, l'enfant acquiert progressivement la possibilité de rejouer le drame qu’il a connu. Il peut ainsi se l'approprier, le modifier à sa guise, lui donner dans son petit théâtre la forme qui convient le mieux à l'expression de son malheur. Ainsi pourra-t-il, quelque temps plus tard, se représenter l'avenir et donner un sens à sa vie. À condition, toutefois, de rencontrer sur ce chemin épineux des « tuteurs de développement » suffisamment solides et compréhensifs.

     Pour l'enfant qui souffre, l'amélioration passera d'une manière ou d'une autre par la narration du traumatisme, clé de voûte de son identité : « La représentation de la tragédie passée et de ses rêves d'avenir dépend maintenant des réactions des spectateurs, de l'opinion des juges et des stéréotypes du discours social », écrit-il. Quand le lien social se renoue, la rencontre avec une seule personne pouvant suffire, sur cette nouvelle trame, « l'enfant blessé parvient à devenir celui qui donne » et le « vilain petit canard peut ainsi se transformer en cygne ». Il montre qu'un traumatisme grave ne condamne pas forcément pour la vie.

     Sans doute parce qu'il possède la douceur active de ceux qui ont dû affronter le malheur, l'auteur affiche un optimisme réconfortant. Il fixe ainsi la responsabilité de ceux qui ont à rencontrer ces enfants traumatisés, qu'il s'agisse du psychologue, du professeur, du juge ou bien, évidemment, d’un des parents dont les mots peuvent tuer ou sauver.

 

La résilience

Entretien avec Boris Cyrulnik

Le bord de l'eau

2009

23 décembre 2012

Cadeaux de Noël : un don… pas un dû !

Par-delà l'euphorie commerciale qui entoure la période de Noël, notre manière d'offrir, comme de recevoir, en dit long sur notre relation aux autres. Profitons de l'Avent pour redécouvrir le vrai sens du cadeau.

Zoom © Packshot Fotolia

Cent quatre-vingt-dix euros par enfant : le budget consacré à gâter nos têtes blondes à Noël augmente chaque année. Rien n'est trop beau pour eux, gâtés jusqu'à l'écœurement. « L'année dernière, nos petits-enfants ont croulé sous les paquets. Ils les ont à peine regardés », s'alarme une grand-mère.

Cette surenchère matérielle renvoie dans un passé lointain la sobriété des années de pénurie. À 85 ans, Anne-Marie appartient à cette génération pour qui l'orange de Noël avait valeur de trésor symbolique : « Aujourd'hui, on veut nous convaincre que le bonheur se mesure au nombre de cadeaux empilés au pied du sapin ! »

Un vent de paganisme souffle sur la fête de l'Enfant Dieu, travestie en fête de l'enfant roi. Lettre au Père Noël, avalanche des catalogues de jouets distribués bien avant la Toussaint, ou Noëls d'entreprise organisés dès novembre, « difficile de garder les idées claires dans ce climat survolté, admet Béatrice. Les parents sont transformés en distributeurs de cadeaux par des enfants qui prennent tout cela pour un dû. Que reste-t-il du don gratuit ? ». Offrir sans rien attendre en retour est pourtant le plus beau des présents, promet le Père Louis-Marie Chauvet, théologien : « Il permet à l'enfant de comprendre que la gratuité fait vivre et grandir ».

L'urgence est mauvaise conseillère

Avouons qu'en courant les boutiques, liste en main, pestant contre la foule agglutinée au rayon jouets et cette fichue corvée des cadeaux qui nous prend de court chaque année, nous sommes rarement portés à l'ouverture du cœur ! « Chaque année, je me promets de prendre le temps de penser à chacun... Et chaque année, je me laisse déborder, reconnaît Catherine. Inévitablement, j'achète au dernier moment et il m'arrive de tomber à côté ! Le roman que mon beau-père a déjà lu ou les rollers trop petits pour Thibaut. »

Mauvaise conseillère, l'urgence qui nous tient à la gorge nous pousse à l'achat raté. Agendas surchargés, phobie des magasins ou volonté délibérée de boycotter les guirlandes, les retardataires font souvent de piètres généreux.

Noël nous fatigue, nous écœure ou nous irrite ? Nous sommes incapables de choisir un livre pour notre beau-père, ou ne savons rien refuser à notre petit dernier ? Légitime dans cette ambiance de foire clignotante, la confusion qui nous agite est un indicateur précieux. L'écouter et la laisser monter en ce début d'Avent offre l'occasion d'un arrêt sur images. « Est-ce que je peux identifier ce qui, en moi, fait obstruction et me freine dans mon élan vers l'autre ? D'où vient cette tempête intérieure qui me saisit dans cette période de préparatifs ? »

À Noël, Marc est toujours tendu en famille, incapable de se réjouir avec ses enfants quidéballent leurs paquets : « Ridicule, cette manie de jeter l'argent par les fenêtres ! » Des parents austères et des Noëls sans joie ont tari en lui le sens de la fête.

Savoir accueillir ces marques de tendresse

Nos cadeaux sont des marques de tendresse qui témoignent à nos proches que nous les aimons. Porteurs d'une telle charge affective, pas étonnant qu'ils réveillent certaines blessures : blocage du portefeuille ou rapport à l'argent chaotique, peur de manquer ou achats compulsifs, renvoient à des douleurs anciennes, des carences d'enfant que la tradition des cadeaux ravive. Jeanne a tellement souffert d'une enfance sans affection que, pour les siens aujourd'hui, aucun jouet n'est trop beau : « Moi qui ne recevais ni cadeaux, ni marques d'affection, je me rattrape ». Témoignages d'affection, nos présents seraient-ils aussi des demandes d'amour ?

Encore faut-il savoir accueillir ces marques de tendresse sans nous sentir redevables ni empêtrés dans une fausse culpabilité. Recevoir un présent sans interprétation ni scrupule inutiles nous rend aptes à donner. Car la simplicité permet de se laisser transformer et renouveler par le don. Est-ce la raison pour laquelle il est parfois si difficile de remercier ?

La gratitude nourrit la relation

Plutôt qu'un « il ne fallait pas » lâché du bout des lèvres, un « merci » simple et chaleureux exprime la gratitude et le plaisir de se sentir aimé. « J'insiste pour que mes enfants pensent à remercier tous ceux qui les ont gâtés, précise Emmanuelle. Un mot affectueux, un geste de tendresse, une carte adressée au parrain dont le paquet vient d'arriver, leur apprennent à sortir de la passivité facile. »

La gratitude nourrit la relation : donner, c'est partager. La psychothérapeute Isabelle Filliozat poursuit : « Offrir un cadeau, c'est établir un lien entre celui qui offre et celui qui reçoit ». Le présent qui rend vraiment heureux n'est-il pas celui qui correspond à une relation vraie ? Raison de plus pour mettre toute notre attention en éveil avant de passer en caisse : « De quoi mon mari a-t-il envie ? Est-ce que je prends le temps de le découvrir, de m'intéresser à ses passions et de deviner ses attentes ? », s'interroge Dominique. Vécu dans l'écoute de l'autre et l'attention vraie, le don procure une joie profonde parce qu'il pousse à sortir de soi : « Je fais l'épreuve de ma force, de ma richesse. Je m'éprouve comme surabondant, dépensant, vivant, joyeux ! »

Des cadeaux pas totalement gratuits

Pourtant, c'est précisément parce qu'il engage la relation que le cadeau risque ces dérives affectives que se régalent à décoder les spécialistes : « Aucune attention n'est neutre », prévient ainsi Elyane Alleyson, analyste transactionnelle. « Certes, le don n'est pas un investissement, mais il n'est pas non plus totalement gratuit. » En offrant le DVD d'un film romantique à mon mari, n'est-ce pas à moi que je fais plaisir ? L'égocentrisme est un piège insidieux qui entraîne parfois gaffes et maladresses. Celui qui ne sait pas se décentrer et projette sur l'autre ses propres envies manque les occasions de faire vraiment plaisir. De la maquette que ce père offre à son fils parce que lui-même en a toujours rêvé enfant, au cédérom éducatif pour doper les neurones de Juliette, combien de choix tombent à côté !

D'autant que du cadeau malvenu au cadeau empoisonné, le pas est vite franchi : « Le Noël de mes 15 ans, ma mère m'a offert une robe de petite fille modèle ». Brigitte en rit aujourd'hui, mais le message était clair : « Le garçon manqué que j'étais était sommé de se féminiser et de rentrer dans le rang ! »

Cadeau manipulateur ou symbolique, le don peut être une jolie façon de posséder l'autre et de le rendre redevable, piégeant la relation entre dominant et dominé. « Cela me donne un petit pouvoir sur les miens... J'espère secrètement qu'ils m'aimeront encore plus », confie une mère de famille.

Que dire du présent sans imagination, de cette énième cravate choisie d'un œil distrait ou de la robe en taille 42 alors qu'elle fait un petit 36 ? Ils signent un manque d'intérêt blessant. Que penser encore du cadeau utilitaire de celui dont le geste, pour être valable, doit forcément être rentable ? Offrir une centrale à vapeur ou une friteuse familiale manque indéniablement de poésie. Et le cadeau qui cherche à compenser l'absence ? Laurence confie douloureusement : « Dans notre famille recomposée, les enfants sont doublement gâtés. C'est sans doute notre façon de compenser ».

Mais l'emprise sur l'autre fausse le sens profond du don. Le père de famille qui prive son collégien de cadeau à cause d'un bulletin médiocre tombe dans l'abus de pouvoir. Or, promet le Père Louis-Marie Chauvet, « c'est dans la mesure où l'enfant percevra dans ce présent le signe de l'affection et de l'attention de ses parents que sa joie sera profonde et durable ». C'est pourquoi, au fil de l'année, Isabelle a pris l'habitude de glaner la bricole qui touchera chacun  : « À côté du cadeau choisi spécialement pour Noël, nos enfants découvrent toutes ces babioles symboliques qui marquent notre affection de chaque jour ».

« Comment veux-tu, Seigneur, que nous préparions Noël ? » En quatre semaines, l'Avent nous invite à purifier notre façon de donner et notre relation aux autres. Le cadeau serait-il un instrument de conversion intérieure ? Noël nous propose de retrouver l'esprit d'enfance, cette aptitude à nous émerveiller qui se cultive particulièrement pendant l'Avent. « Chacun s'affaire en grand secret. Les plus jeunes préparent des dessins, les aînés piochent dans leurs économies, s'amuse Laure. Le soir de Noël, chacun découvre au pied de la crèche ce que les autres lui ont préparé. Cette joie familiale fait oublier le reste, les difficultés et les souffrances que Noël peut raviver. »

Noël invite à l'allégresse

Concert, spectacle, ou cantique de Noël entonné à la lumière des bougies, à chaque famille ses traditions et ses rituels. L'essentiel est cette attention et ce souci de faire plaisir. N'en déplaise à ceux que guirlandes et paquets rutilants rebutent : Noël invite à l'allégresse. « Dieu nous veut joyeux !, lance Marie-Hélène. C'est bon de faire la fête sans culpabiliser ! » Le Père Louis-Marie Chauvet insiste : « Cessons de dévaluer, au nom de notre foi, notre société de consommation ! Comment pourrions-nous témoigner de l'amour de Dieu pour notre monde si nous-mêmes nous n'aimons pas ce monde ? »

Entre surabondance et austérité, à chacun de trouver son équilibre. Pas besoin de mettre le budget familial en péril : le plus beau cadeau n'est pas le plus tape-à-l'œil. Pour viser juste, il faut être libre : liberté de ne pas tomber dans le panneau de l'achat obligatoire ; liberté intérieure qui protège de la pression ambiante et aide à rester « branché » sur l'essentiel. « Nos garçons ne jurent que par la dernière Gameboy ou le robot Terminator dont leur parlent leurs copains d'école ? C'est parfois dur d'avancer à contre-courant, mais nous essayons de leur apprendre à avoir du recul vis-à-vis des modes, en gardant le goût des choses simples. Oui, c'est important de recevoir des jouets... Mais ce n'est pas l'essentiel ! », explique Sonia.

Prévoir ses achats longtemps à l'avance, comme Anne qui profite des soldes de janvier pour constituer le stock du Noël suivant ; privilégier les ventes par correspondance qui permettent d'éviter les boutiques ; se fixer un budget raisonnable et s'y tenir malgré les tentations : autant de moyens de se libérer l'esprit. Autre idée : « Pour alléger les préparatifs, cadeaux groupés et tirage au sort évitent le casse-tête pour les grands-parents, parrains et marraines ».

Dans l'organisation familiale, toute formule est bonne si elle vise la simplicité et la paix des esprits. Chez Emmanuelle et Laurent, ce sont toujours des cadeaux surprise ; pour Marie-Laure, sac à dos et équipements sportifs permettent de joindre l'utile à l'agréable. Question de sensibilité familiale pour un objectif commun : faire plaisir, en gardant le cap sur ce qui compte vraiment.

Et pourquoi pas un cadeau fait maison ?

Les cadeaux de Noël n'ont de sens que s'ils traduisent nos dispositions intérieures. Pour s'ouvrir au don de soi, priorité à l'anticipation et à la créativité. « Dès le début de l'Avent, nous réfléchissons à la façon dont nous souhaitons vivre Noël. Qui inviter ? Quoi offrir ? Grands et petits prennent ensuite le temps d'installer la crèche et de décorer la maison. Puis vient la phase bricolage : même si le contenu est modeste, chacun rivalise d'imagination... et met le paquet ! », raconte un couple.

Au grand-père mélomane, un CD gravé du concert de l'école ; à la cousine adolescente, un pendentif fait main ; au voisin de palier,  une boîte de truffes maison. Le bricolage est une incomparable école d'expression qui favorise l'attention à l'autre. « Les cadeaux que nos petits-enfants fabriquent, cousent, peignent ou brodent ont été concoctés avec amour, se réjouit Élisabeth. Ils viennent du cœur et vont droit au cœur ! » Un présent réussi signe souvent une attention aimante mûrie dans le temps. Des mois de patience dans cette famille, pour réunir dessins, photos et prose de chaque enfant : « Nos grands-parents sont très âgés, nous avons choisi, pour ce Noël, de leur offrir l'album de notre famille ».

Attention toutefois aux traditions figées et aux schémas incontournables qui font dire à Laure : « Je déteste les Noëls qui se répètent d'une année sur l'autre ! ». Laisser place à l'imprévu dérange les plans, mais apprend que « donner, c'est... se donner ». Au sein du mouvement des Focolari, Chantal Grevin insiste sur cette culture du don que propose la communauté : « Le geste matériel qui a du sens exprime le don de soi ». Préserver un moment d'intimité festive en famille ne doit pas rendre le foyer étanche : « L'ouverture du cœur bouscule, mais entraîne à aller toujours plus loin ! »

Pascale Albier

4 novembre 2012

AIMER, un don de DIEU

     "Avant d'être un commandement, l'amour est un don, une réalité que Dieu nous fait connaître et expérimenter, afin que, comme une graine, il puisse germer aussi à l'intérieur de nous. [...] Il ne peut être mis pleinement en pratique que par celui qui vit une relation profonde avec Dieu, à l'image de l'enfant qui devient capable d'aimer à partir d'une bonne relation avec son père et sa mère."

Benoît XVI

(dimanche 4 novembre 2012, Rome, place Saint-Pierre)

16 octobre 2012

Donner une famille à un (des) enfant(s)

"L'adoption est une greffe", dit cette jeune fille, "qui mettra du temps à prendre" :

 

Cette vidéo est issue du site web de l'association Les adoptés (http://www.lesadoptes.org).

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